Ce projet associatif a été validé par l’assemblée générale mixte de l’ADRIE, le vendredi 13 novembre 2020.

L’ADRIE, est une association qui entre dans sa sixième année. Elle a connu un rapide développement et se trouve souvent sollicitée par de nombreux partenaires qui expriment leurs demandes directement ou par le biais d’appels à projets, toujours plus nombreux. Il est donc apparu nécessaire de rédiger ce document qui trace le cadre et la logique du déploiement actuel et à venir avec les valeurs et les axes stratégiques sélectionnés par l’Association.

Ce projet associatif restera vivant même s’il indique les orientations pour une période qui dépasse l’année, l’association pourra donc être amenée à le faire évoluer.

Il sera évalué annuellement afin de l’adapter aux évolutions politiques et sociales de l’environnement autant que de besoins et au fil de l’eau.

Il servira également d’outil de communication pour les adhérent.e.s. et les partenaires en donnant du sens à leur engagement et à leur soutien ainsi qu’aux salarié.e.s.

La première phase de déploiement de l’association

Émanation de l’ensemblier BAC[1] Réunion / REI[2] / PROXIM[3], l’ADRIE a été formellement créée en novembre 2014 par quelques-uns de ses administrateurs et de nouveaux.elles venu.e.s déjà impliqué.e.s dans les actions en faveur de l’insertion et dans le traitement des déchets. Elle a été gérée, à ses débuts par du personnel de BAC Réunion. Puis, en 2018, le chargé de mission de BAC, à l’origine du projet, et qui a conduit les projets d’implantations des ressourceries, a été embauché par l’ADRIE en tant que directeur de la structure. Il a, par la suite, internalisé l’ensemble de la chaîne de valeur de l’ADRIE.

Aujourd’hui, l’ADRIE est dotée d’une équipe de permanent.e.s incluant la direction, l’administration, la coordination, l’encadrement technique d’insertion et l’accompagnement socio-professionnel.

Elle adhère à la convention collective nationale des ateliers et chantiers d’insertion (SYNESI, ICC : 3016). Elle a mis en place son Conseil social et économique.

Elle est organisée autour d‘une double activité socle :

  • d’une part, trois ACI[4] permanents portant chacun une ressourcerie,
  • d’autre part, un service d’animation/médiation intervenant contre la fracture numérique et l’illectronisme, pour l’accès de tous à l’informatique et à Internet.

L’ADRIE dispose également de trois postes d’entreprises d’insertion dans le cadre de tests de deux activités économiques porteuses d’emplois d’insertion, la collecte de déchets et la production de meubles à base de matériaux recyclés.

Les valeurs de l’Association

L’ADRIE se caractérise, avant tout, comme une association de l’économie sociale et solidaire qui intervient en faveur de l’insertion par l’activité économique dans le cadre d’actions contribuant à la transition écologique et la transition numérique du territoire réunionnais.

Elle entend intervenir dans la démarche collective du territoire en faveur de l’engagement citoyen et veille à ce que ses projets soient au service et respectueux des territoires et de l’environnement. Cela inclut sa contribution à la construction d’une intelligence territoriale et à la mise en œuvre d’actions.

Elle œuvre en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes et lutte contre toutes formes de discrimination.

Elle considère que le marché et l’économie sont des moyens pour mettre en œuvre son projet associatif.

Plus précisément, elle fait sienne les trois valeurs fondatrices de la fédération COORACE[1] à laquelle elle adhère : le respect et le développement de la dignité humaine, la solidarité et la démocratie.

« Le travail est un élément déterminant de la citoyenneté ». « Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, … / … à une rémunération lui assurant une existence conforme à la dignité humaine (Déclaration des droits humains, art. 23) ». Le travail est source d’une « sécurité financière plus digne et plus génératrice de socialisation que l’assistance ».

Le travail et l’emploi constituent des éléments clés de la reconnaissance sociale et du développement des liens sociaux. Le travail peut constituer aussi un des moyens de se révéler, s’épanouir, se former et s’impliquer dans la vie sociale et économique.

L’ADRIE agit afin que des personnes fragilisées accèdent à ces formes d’emploi. Elle met la fonction Accompagnement socio-professionnel au cœur de sa chaîne de valeur et veille à une prise en compte de la personne dans sa globalité.

A La Réunion, où le chômage sévit particulièrement, il s’agit aussi de (re) donner du sens à la valeur travail en perte de vitesse et de (re) donner envie d’apprendre particulièrement aux publics ayant subi des échecs scolaires ou d’un certain âge et imaginant la formation comme inaccessible.

L’économie sociale est une forme d’économie au service d’un projet politique sur un territoire qui replace l’humain au centre des préoccupations.

L’ADRIE veut être créatrice d’emplois et d’activités qui génèrent ou mettent en œuvre des solidarités particulièrement dans les territoires en difficultés.

Elle veillera à se rendre socialement utile dans les périodes de crises diverses en mobilisant ses moyens et ses savoir-faire pour mettre en œuvre des actions spécifiques adaptées aux exigences du moment.

L’ADRIE, structure de l’économie sociale et solidaire (ESS) est née de l’initiative locale, de la volonté collective de travailler en faveur de l’emploi pour tous.

Sa gouvernance est respectueuse du principe « une personne, une voix » et sa motivation s’appuie sur la volonté d’agir de citoyen.ne.s qui y adhèrent.

Le débat, l’écoute, le respect, une égalité dans le pouvoir de décision sont des valeurs qui se traduisent dans les statuts et les pratiques de l’association.

Les trois axes d’ancrage territoriale des actions de l’Association
  • Agir en faveur du pouvoir d’achat des ménages en proposant des équipements et d’autres biens et services à des tarifs pas ou peu onéreux
  • S’affirmer comme un acteur opérationnel des politiques de l’emploi, de la formation, de l’insertion et de l’environnement et oser innover
  • Donner envie d’apprendre, de se former et de travailler aux personnels et aux publics en contact avec l’ADRIE
  • Poursuivre la montée en compétences du personnel permanent
  • Sécuriser les parcours des salariés en emplois aidés et en CDDI[1], déployer un accompagnement socioprofessionnel
  • Déployer l’activité des ressourceries (collecter, valoriser, vendre, sensibiliser) en place et autres services ou productions connexes, étudier les opportunités de nouvelles implantations
  • Tester des activités grandeur nature, nouvelles, contribuant à la préservation de la planète et socialement utiles (portage d’emplois d’insertion et/ou satisfaction de besoins sociaux non solvables)
  • Déployer les actions de médiation numérique notamment dans les territoires défavorisés
    • Accompagnement scolaire
    • Initiation à l’informatique et à l’Internet notamment des seniors
    • Accompagnement à l’autonomie de la personne pour toutes les démarches en ligne, …
  • Faciliter l’accès à l’emploi par la montée en compétences dans le numérique de tous demandeurs d’emploi
  • Rendre les formations aux nouveaux métiers du numérique (codeurs, développeurs, …) accessibles au plus grand nombre
Les moyens de l’Association

L’ADRIE mobilise les moyens financiers nécessaires à la réalisation de son action tels que principalement les subventions publiques et les ventes de biens et services produits. Elle reçoit des cotisations de ses adhérent.e.s et peut envisager toutes autres formes de financement dès lors qu’ils s’inscrivent dans un cadre légal. Elle se fixe l’objectif d’une plus grande autonomie financière en augmentant la part de ses ventes dans l’ensemble de ses produits.

Les moyens humains se composent, actuellement, d’une équipe permanente de huit personnes qui permet d’accueillir environ quarante CDDI, trois emplois aidés et trois personnes en service civique.

Les locaux utilisés par l’ADRIE appartiennent à des partenaires publics ou sont loués par ceux-ci ou par l’ADRIE pour que s’y déroulent les actions qu’ils soutiennent. L’ADRIE est propriétaire d’un parc de véhicules et d’un ensemble d’équipements, de machines, d’outils et d’applications informatiques nécessaire à ses activités. Elle peut aussi développer des applications numériques dont elle a besoin, comme cela s’est déjà fait, par exemple, pour l’organisation de la collecte des déchets chez les particuliers.

La gouvernance est assurée de manière classique par une Assemblée générale qui élit un Conseil d’administration qui définit son bureau. Le bureau et le directeur composent le comité directeur qui se réunit autant que de besoins.

L’ADRIE agira en faveur de toute forme de mutualisation au sein de l’ESS. Elle adhère pour cela aux fédérations COORACE, Chantier-École et au Réseau national des ressourceries, …

L’évaluation du projet associatif

Chaque année, l’assemblée générale sera l’occasion d’évaluer le présent projet associatif. Le rapport d’activité et le rapport moral analyseront comment ces axes stratégiques ont été traduits opérationnellement.